Le Chant du signe

ou Le Bruissement d'ailes du papillon
Spectacle musical

Brochures et fiches techniques

Le silence est par rapport au son ce que le vide est par rapport au plein. Il est le climat originel, la donnée première, la nécessité fondamentale sans laquelle la musique ne pourrait exister. Il ne s’agit pas, bien entendu, du silence préalable ou postérieur à l’exécution de l’œuvre musicale, mais du silence permanent qui l’environne et qui pénètre les interstices, comme le vide pénètre et fait vivre les formes d’une architecture. Il y aurait lieu d’interpréter tous les styles musicaux en fonction du rôle qu’y joue le silence.

André Souris, “La Lyre à double tranchant”

Les mots du musicologue André Souris – qui, avant d’entrer définitivement dans le silence, participa au renouveau de la musique ancienne par l’édition de grands pans du répertoire de luth français – disent avec une merveilleuse clarté ce que beaucoup d’entre nous, musiciens baroques, pensons confusément.

Certaines musiques – comme certaines personnes – sont bavardes, elles ne laissent ni le temps ni l’espace à l’âme pour se déployer, elles ne nous permettent pas d’entendre, de nous entendre. D’autres musiques, au contraire, sont comme emplies de silence, parlent de silence.

Dans notre vie de musicien, il est clair que le silence tient une place capitale, car c’est souvent l’emplacement, le temps d’un silence, qui déterminent tout le sens – ou le non-sens – d’une interprétation.

Nous voudrions donc dans ce spectacle évoquer le silence, le cerner, le circonscrire, l’interroger, lui rendre hommage.

À travers des œuvres musicales, bien entendu, en nous mettant à la recherche des plus beaux, des plus surprenants, des plus émouvants, des plus amusants moments de silence des musiques de notre répertoire, aussi bien que des airs qui évoquent la nature et… le silence – et il en existe un certain nombre.

À travers des textes d’auteurs contemporains comme André Souris ou anciens, comme Jean de la Fontaine, grand amateur de musique et de silence, s’il en fut.

À travers une commande à un compositeur attentif au silence et sensible aux instruments anciens, comme l’est Francisco Alvarado, avec qui nous avons des affinités.

À travers un travail avec la comédienne Marion le Tohic, qui maîtrise parfaitement la langue des signes, avec qui nous voudrions pousser plus avant le rapport au silence mais aussi le rapport au signe puisque, dans l’interprétation musicale, il n’est jamais question que de transformer un signe muet en son, soit le travail inverse de celui d’une signeuse.

Enfin, du signe nous passerons au cygne, dont on dit qu’il chante merveilleusement au moment de mourir, ce que nous raconte La Fontaine dans Le Songe de Vaux. Ce chant du cygne-là, qui évoque pour nous non seulement la fin d’une vie mais aussi la fin d’un monde, nous permettra de parler de réalités qui nous préoccupent d’autant plus qu’elles sont intimement liées aux questions écologiques qui taraudent notre siècle : celles des nuisances sonores, de la confusion, de l’excès d’information et de bruits.

Le bioacousticien américain Gordon Hempton, nous a pourtant mis en garde : si rien n'est entrepris, le silence pourrait disparaître de notre planète dans les dix prochaines années. Espérons que notre spectacle puisse créer, de façon positive, un véritable “effet papillon” !
 

Marco Horvat : chant, théorbe et guitare
Francisco Mañalich : chant, viole et guitare
Sarah Lefeuvre : chant et flûtes
Nicolas Gousseff : comédien et marionnettiste
Marion Le Tohic : comédienne signeuse (langue des signes)

Mise en scène : distribution en cours
Scénographie : distribution en cours

Textes : André Souris, Jean de la Fontaine et autres auteurs
Musiques : Francisco Alvarado (commande de Faenza) et musiques du XVIIe siècle
 

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